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L’essor des fondations en Allemagne
Allemagne
Chapeau : La multiplication des fondations municipales ou d’entreprises semble dessiner peu à peu les contours d’un « tiers secteur » citoyens.
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Rubrique : Revue de presse
du 06/06/2007 00:00 au 15/09/2008 00:00
Paris 75007 France (Ile-de-France)
Texte : Par HENRIK UTERWEDDE
Directeur adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg
La Croix
France
(extraits)Une des nouvelles formules du débat politique allemand est la « société citoyenne » (Bürgergesellschaft). Elle désigne, en tant qu’objectif, une société dans laquelle les citoyens prennent en charge une plus grande partie des tâches publique, sous forme d’engagement individuel ou collectif, dans la vie associative, le bénévolat, ou encore le mécénat. Plus que d’une formule à la mode, il s’agit de la recherche d’un modèle de société qui bâtit un nouvel équilibre entre l’État, le marché, les citoyens et la société civile, ces derniers étant invités à jouer un rôle plus actif. C’est pourquoi on constate la multiplication de toutes sortes
de campagnes tant publiques que privées cherchant à inciter, aider et accompagner les initiatives citoyennes.
7 700 fondations créées en moins de dix ansDans cette mouvance, les fondations jouent un rôle important. Moins développées qu’aux États-Unis mais beaucoup plus qu’en France, celles-ci ont connu une dynamique particulièrement forte ces dernières années. Sur les 13 490 fondations allemandes fin 2005, la moitié ont moins de dix ans, et le mouvement s’est accéléré suite à l’amélioration du cadre fiscal des fondations en 2000. Rien qu’en 2005, on a dénombré 880 nouvelles créations.
Mobilisant un capital constitué par des citoyens ou des entreprises et dont les intérêts permettent de financer des activités d’utilité publique, elles construisent un véritable tiers secteur entre l’État et le marché. Leur rôle bénéfique dans des domaines comme l’action sociale, la recherche scientifique, la formation et l’insertion ou la culture est immense. Ainsi, notre institut à Ludwigsburg n’aurait pas pu se développer, notre centre de documentation n’aurait pas pu voir le jour sans l’aide de grandes fondations venant en complément du financement public.
Des structures plurielles et novatricesIl est presque de bon ton pour une grande entreprise allemande d’avoir « sa » fondation, une forme d’utilité sociale à distinguer par ailleurs du sponsoring, et gérée de manière totalement indépendante du management de la firme elle-même. Ainsi, tous les Allemands connaissent la Fondation Volkswagen, la
Fondation Robert-Bosch, la Fondation Hertie, la Fondation Thyssen, les Fondations Allianz-Environnement ou Allianz-Culture ou encore la Fondation Bertelsmann. Les dix plus grandes fondations cumulent à elles seules des aides annuelles de plus de 520 millions d’euros. Et il y a les 13 000 autres, qui fournissent chacune un travail exemplaire dans leur domaine d’activités respectif.
L’avantage des fondations réside justement dans leur pluralité, leur souplesse et leur capacité d’innovation bien supérieure à celles des administrations publiques. Ceci leur confère parfois un rôle l’incitation très utile pour le débat public comme pour l’action politique.
Les villes sont aussi des pépinièresDans ce jardin aux mille fleurs, il y a aussi de nouvelles plantes qui poussent. Ainsi, les fondations citoyennes municipales (Bürgerstiftungen), dont la première fut créée il y a dix ans, dont le nombre aujourd’hui est proche de 150 et ne cesse de croître.
À Ludwigsburg, ville moyenne, un certain nombre de citoyens avaient légué dans le passé un capital à la ville, à la condition que celle-ci l’utilise pour des ½uvres publiques. La Bürgerstiftung a regroupé ces legs tout en respectant les v½ux des donateurs. Disposant d’un capital de 3,7 millions d’euros, elle peut verser chaque année une somme d’environ 150 000 euros pour soutenir des activités citoyennes dans la ville. Elle est aussi destinée à accueillir de nouveaux dons ou legs.
Il ne faut pas être un adepte de « l’État modeste » pour constater que l’intervention publique touche de plus en plus à ses limites. L’apport des fondations, si important soit-il, ne saurait remplacer les puissances publiques. Mais l’essor des fondations allemandes participe au développement d’un véritable tiers secteur citoyen dont il faudra repenser le rôle pour définir le modèle social de demain
Source Externe : Regards croisés
Date de publication : 21/06/2007
Mots-clés : fondation, mécénat, allemagne
Inséré le : 06/06/2007 07:31