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Allemagne - Le noir/rouge/or au top des ventes

Chapeau : Une partie de la pop musique allemande célèbre l’identité nationale. Alarmés, les détracteurs de cet engouement appellent à la réflexion.

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Rubrique : Revue de presse

du 06/06/2007 00:00 au 30/10/2007 00:00
Paris 75007 France (Ile-de-France)



Texte : Par KRISTINA KÖHLER
Traduit par Céline Maurice
Rencontres
France-Allemagne
(extraits)


De même que l’Allemagne était pendant l’été de la Coupe du Monde, inondée de drapeaux noir-rouge-or, de même la scène musicale actuelle peine à endiguer la vague de compilations de pop allemande comme Neue Heimat (Nouvelle Patrie ), German Liedgut (Patrimoine de la chanson allemande) ou encore Junge Helden (Jeunes Héros).
Ce qui est pour les uns le déclic libérateur d’un sentiment national étouffé depuis des décennies, sonne pour d’autres comme un alarmant « New German Patriotism ». L’initiative « I can’t relax in Deutschland », lancée en 2004 en réaction au débat sur les quotas de chansons en allemand à la radio, exprime le malaise provoqué par cette absence de réflexion. Des groupes comme Blumfeld, Tocotronic, Stella ainsi que des spécialistes de musique et de culture populaires entendent ainsi se distancer des musiciens allemands qui se servent de plus en plus d’attributs et de symboles nationaux.

Le marché se moque des considérations historiques

Dans un entretien avec Rencontres, Roger Behrens, sociologue, spécialiste des cultures populaires et philosophe, maître de conférences à l’université Bauhaus de Weimar et coéditeur de la revue culturelle pop TESTCARD, développe la position de « I can’t relax in Deutschland ». Il s’agit d’attirer l’attention sur le fait que la nation est un concept historique. De ce fait, avoir un rapport positif à la nation allemande ou à ses symboles tout en ignorant l’histoire de ce développement s’avère hautement problématique et peu réfléchi. L’industrie du disque, guidée par le profit, s’embarrasse pourtant peu de ces considérations politiques. Elle attend avant tout des textes en allemand un succès économique et des chiffres de ventes élevés, transformant ainsi la nation allemande en un bien de consommation. « Made in Germany » devient un label lucratif hautement sophistiqué. L’initiative « I can’t relax in
Deutschland » considère comme particulièrement trompeuse, l’attitude rebelle de ce nouveau nationalisme pop, comme celle du groupe électro-punk MIA.
Alors que la pop musique allemande semble juchée sur un baril de poudre, les Français sont, selon l’artiste Peterlicht, plus aériens. Tout comme leur musique est leste et charmante, leur confrontation avec la patrie se trouve en état d’apesanteur. Un magazine qualifie par exemple de « très français » le sampler Le Pop – Les Chansons de la nouvelle scène française, compilé par deux DJ de Cologne et distribué en Allemagne. Mais, alors que la nation française peut, avec la Révolution de 1789, se réclamer d’un acte politique fondateur, la nation allemande s’est formée en considérant la culture comme un élément fondateur de l’identité et de la société.
« I can’t relax in Deutschland » n’a pas uniquement invité à des débats publics dans différentes villes allemandes, mais a également publié en août 2005 un sampler sur lequel la musique de Tocotronic, Kettcar, Lali Puna ou encore Mouse on Mars prend clairement ses distances avec les tendances nationalistes de la pop en allemand. Mais la musique ne remplace pas une discussion théorique ; c’est pour cela que le sampler de « I can’t relax in Deutschland » contient aussi, à côté de la musique, diverses interventions autour du débat du nationalisme pop.

Pour en savoir plus, à lire et à écouter :
- CD et booklet I can’t relax in Deutschland, unterm durchschnitt, 2005
- www.icantrelaxin.de
- Rösing, Helmut, « Populäre Musik und kulturelle Identität. Acht Thesen » , in: Beiträge zur Popularmusikforschung. Heimatlose Klänge?, Hamburg, 2002, p. 11–33.

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Source Externe : Allemagne
Date de publication : 15/12/2006


Inséré le : 06/06/2007 07:33