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Un laboratoire pour les échanges culturels euro-méditerranéens

Chapeau : En décembre 2007, le réseau français de la Fondation Anna Lindh s’est donné rendez-vous à Marseille. Ce moment de débats et de réflexions a permis d’interroger les limites de la coopération artistique entre les deux rives et les conditions de son optimisation.

Source : Culture Europe International (http://www.culture-europe-international.org)
01 49 40 72 46 - contact@culture-europe-international.org
2, rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis cedex 02

Rubrique : Brèves

du 16/01/2008 00:00 au 15/05/2008 00:00
Paris France



Texte : La Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures est sensée être l’une des incarnations d’un processus politique, engagé en 1995 à Barcelone et qui visait à rapprocher les deux rives de la Méditerranée. Elle est opérationnelle depuis 2005, regroupant 1400 organisations, ONG, associations et acteurs de la société civile dans 37 pays signataires du partenariat Euromed. Mais un fossé existe entre les missions de la Fondation : «rapprocher les personnes et les organisations des deux rives de la Méditerranée» et la réalité géo-politique qui, elle, a plutôt tendance à les opposer. Car, jusqu’à présent, les décisions les plus significatives du partenariat euro-méditerranéen ont surtout concerné la politique sécuritaire de l’Europe et la fermeture de ses frontières.

Si, par-delà son manque flagrant de moyens financiers, la Fondation entend s’imposer comme un outil de dialogue entre les peuples, Anne-Marie Autissier, directrice de la revue Culture Europe International, rappelle qu’ «aucune institution n’est légitime par le seul fait d’exister». Selon elle, il faut envisager cette structure comme «le laboratoire d’une institution multilatérale en train de s’inventer». Il lui semble nécessaire «que la Fondation soit plus réactive aux micros projets et aux actions à court terme» et «qu’elle tienne mieux compte de la réalité des déséquilibres entre les deux Rives». Au Sud de toute évidence, les situations sont plus fragiles et plus précaires. Et le dialogue ne peut avoir de sens que si les deux interlocuteurs sont à égalité.

Mais, à quoi bon prétendre à l’échange sans réunir les conditions pour qu’il advienne ? Comment par exemple mettre en œuvre des actions d’échange artistique quand il est de plus en plus difficile de faire circuler les individus ? De l’autre côté de la Méditerranée, les systèmes politiques sont trop peu démocratiques, ce qui ne facilite pas non plus l’échange. Constituer une association est souvent considérée comme un délit, la censure est omniprésente, l’absence de médias indépendants problématique. Dans un tel contexte, parler de partage démocratique relève de l’incantation. Anne-Marie Autissier souligne que la Fondation Anna Lindh est l’émanation d’un processus intergouvernemental : «Les Etats doivent assumer leurs responsabilités et aider les artistes et opérateurs à maintenir un espace public».

Une synthèse des interventions de la rencontre à Marseille du réseau Français est accessible sur le blog thématique de Marseille-Provence 2013/Capitale européenne de la culture. Le visiteur peut également écouter des interviews, notamment celles d’Anne-Marie Autissier, et de Nathalie Galesne, rédactrice en chef de Babelmed.net toutes deux invitées comme observatrices.

Date de publication : 15/01/2008


Inséré le : 16/01/2008 17:47