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La musique de Rahman se joue de toutes les frontières
Chapeau : Un nouveau syncrétisme musical et un succès mondial : La musique de Rhaman se joue de toutes les frontières
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Rubrique : Dossier
Anne-Marie AUTISSIER rédacteur
du 09/04/2009 00:00 au 09/04/2015 00:00
Paris France
Texte : Par Anne-Marie AutissierEn février 2009, Allah Rakha Rahman (nom de naissance : A. S. Dileep Kumar) a gagné deux Oscars à Los Angeles, pour le film
Slumdog Millionnaire : meilleure composition musicale et meilleure chanson. Malgré les controverses indiennes et mondiales au sujet du film (voir notre article, "Polémique au sujet de
Slumdog Millionnaire"), tous les observateurs indiens ont été très fiers de ces nominations, tout comme celle du mixeur indien, Resul Pookutty pour le même film. Allah Rakha Rahman est né 1966 à Chennai (anciennement Madras) d’un père musicien très connu, disparu lorsqu’il avait neuf ans. Après ce décès, il a dû subvenir aux besoins de sa famille et abandonner les études pour jouer du clavier et du piano. Il a finalement obtenu une bourse pour étudier au Collège de musique Trinity à Londres, où il a obtenu un diplôme de musique classique occidentale. Il a d’abord composé des
jingles pour des publicités, des chaînes de télévision et des bandes musicales pur des films documentaires.
Un artiste inventif et syncrétisteEn 1992 le réalisateur tamoul Mani Ratman lui propose de composer la musique de son film,
Roja. Depuis, il n’a cessé de créer, de faire des concerts et de produire des œuvres musicales. Il a obtenu trente prix cinématographiques, quatre récompenses nationales, un Globe d’or, ainsi que deux distinctions académiques, avant de remporter les Oscars. C’est l’un des artistes les plus diffusés dans le monde. Il a travaillé avec les réalisateurs indiens les plus reconnus. Ces dix dernières années, Rahman a effectué trois tournées en Inde et dans le monde : Singapour, l’Australie, la Malaisie, Dubai, le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Féru de musique carnatique - musique ancienne du Sud de l’Inde - d’œuvres occidentales et de musique Hindustani - musique traditionnelle du Nord de l’Inde, pétrie d’influences perses et arabes -, Rahman combine des éléments de ces différents systèmes musicaux et d’autres genres encore, mélangeant de façon improvisée, des instruments de diverses traditions. De plus, en tant que Tamoul d’origine, il a souvent travaillé dans d’autres langues, comme c’est le cas avec les paroliers hindis de
Slumdog Millionaire ou de
Delhi 6 (2009). Vers 1989, il s’est converti à l’islam avec toute sa famille et a consacré des dons à des organisations de bienfaisance, dans un pays pas toujours enclin à la tolérance (cf. notre article « L’Inde, pays invité de l’ARCO 2009 », in revue de presse). Cette conversion a suscité des rumeurs déplaisantes, répandant notamment l’idée qu’il soutenait des islamistes fondamentalistes. A cela, Rahman a répondu que ses dons allaient indifféremment à des organisations chrétiennes, hindouistes et musulmanes. Il s’est même permis de manier l’ironie : « Les montants que je donne sont notoirement insuffisants pour permettre aux extrêmistes d’acheter des armes ! » (www.pvv.ntnu.no/Ekallasan, 1999).
Le mixeur de
Slumdog Millionaire, Resul Pookutty, vient du Kerala, d’une famille musulmane pauvre. Depuis 1995, il est diplômé de l’Institut du Film et de la Télévision de l’Inde, à Pune. Il a commencé à travailler comme ingénieur du son dès 1997. Paradoxalement, Pookutty attribue sa réussite aux films malayalams (le malayalam est la langue du Kerala). Sa reconnaissance va à Adoor Gopalakrishnan (voir notre article, « Polémique au sujet de
Slumdog Millionaire »), en particulier pour son film
Elippathayam (Le piège à rat, tr.d.l.r., 1981) et au réalisateur Govindan Aravindan (1935 - 1991). Selon Pookutty, « la prise de son et le mixage n’ont jamais été un aspect intéressant de la production à Bollywood, jusqu’à ce que le film
Black entre en jeu. » (
Gulf Times, 30/01/09, « Sound technician dedicates Oscar nomination to Malayalam films », propos recueillis par Ashraf Padanna, tr.d.l.r.). Pookutty a aussi exprimé sa déception pour la faible reconnaissance des talents techniques à « Bollywood ».
Date de publication : 09/04/2009
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Inséré le : 09/04/2009 20:01
Thèmes : cinéma, musique,