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Le groupe de Recherche de Calcutta

Chapeau : Un centre de recherche sur la démocratie et une ressource comparative pour l’Union européenne et l’Asie du Sud : Le groupe de Recherche de Calcutta

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Rubrique : Dossier

Anne-Marie AUTISSIER rédacteur

Texte : Par Anne-Marie Autissier

A quelque quinze kilomètres de Park Street et du centre de Kolkata, se déploie Salt Like City (jumelé avec la ville américaine éponyme), ville satellite d’un million d’habitants, créée entre 1958 et 1965. Les échoppes y voisinent avec les centres commerciaux dernier cri. Salt Lake City, également dénommée Bidhannagar, fait partie des pôles technologiques de Kolkata. On y trouve des villas, des arbres, des espaces verts, des petites pensions accueillantes, des collèges, des bureaux… Dont celui du Mahanirban Calcutta Research Group. C’est accompagnée par le chant des oiseaux que je savoure mon thé sur la terrasse du centre. A l’intérieur, les ordinateurs crépitent, des centaines de livres en anglais, bengali, hindi, italien, français, allemand et autres idiomes attendent, sagement alignés, d’être consultés par des visiteurs venus des quatre coins du monde. Et les discussions vont bon train : nouveaux projets, bilan de ceux déjà réalisés, préparation d’une mission pour Chennai, d’une autre pour Amsterdam. Le Calcutta Research Group, c’est aussi une équipe de renom, sous la houlette du Professeur Ramabir Samaddar, un politologue qui, de longue date, dédie ses recherches à la cause des oubliés du Bengale de l’Ouest et du sous-continent.

Le Groupe de Recherche de Calcutta (CRG) est né du soutien au Mouvement de la paix au Bengale de l’Ouest, en particulier lors de la Troisième Conférence du Forum indo-pakistanais pour la Paix et la Démocratie - une réunion publique sans précédent qui a accueilli 400 militants de la paix du sous-continent pendant quatre jours à Kolkata en 1996. Dénommé à l’origine Mahanirban Calcutta Research Group, le centre est actuellement plus connu sous le nom de Groupe de Recherche de Calcutta. Ses fondateurs étaient des chercheurs, des syndicalistes, des féministes et responsables de campagnes en faveur des droits des femmes, des universitaires, des journalistes et des avocats. Le CRG a été conçu comme un forum de discussion et d’analyse politiques sur la démocratie, les droits de l’homme, la paix et la justice.

Accueillant des jeunes chercheurs et militants engagés dans les questions sociales, le CRG est désormais reconnu pour ses recherches et ses différentes initiatives. L’accent qu’il met sur le Nord et le Nord-Est du sous-continent lui a permis de constituer un solide réseau d’universitaires et d’institutions dans ces régions.

Un trimestre consacré aux migrations forcées

Chaque hiver, le CRG organise un Cours sur les migrations forcées. Cette initiative résulte de son travail ainsi que de celui de groupes, d’institutions et d’associations actifs dans les domaines des droits de l’homme et des réfugiés. Le cours comporte des analyses des politiques et lois en vigueur sur ces questions. Il dure trois mois. Une session d’enseignement à distance de deux mois et demi prépare le séjour de quinze jours à Kolkata. Le Haut Comité aux Réfugiés des Nations-Unies soutient ce programme, ainsi que le gouvernement de Finlande et l’Institut Brookings (Etats-Unis). Les aspects médiatiques du programme bénéficient de l’appui de l’Institut Panos pour l’Asie du Sud. Le programme resserre également ses liens avec les universités de cette région et d’ailleurs. Pour en savoir plus : www.mcrg.ac.in
www.mcrg.ac.in

Une conférence internationale sur les migrations

Depuis quelque cinq ans, le CRG organise des séminaires internationaux sur des questions qu’il considère d’intérêt majeur. Le point essentiel de ces initiatives est l’accent qu’elles mettent sur la « pensée critique » en tant que fondement de la réflexion pluridisciplinaire sur différents sujets. Ainsi en 2005, a été organisée la première conférence « critique » autour d’une question : « Qu’est-ce que l’autonomie ? ». En 2007, le thème fédérateur était les « Sphères de la justice ». La prochaine conférence, organisée les 11 et 12 septembre 2009, aura pour titre « Empires, Etats et Migrations ». Les questions posées par la conférence sont d’analyser comment empires et Etats gèrent ou ont géré les migrations et si la logique des frontières territoriales ou nationales reste un paradigme pertinent pour traiter de questions aujourd’hui essentielles pour les sociétés du monde. Paradoxalement, comme le rappellent les responsables du CRG, alors que les migrants représentent aujourd’hui dans le monde plus de 200 millions de personnes dont 49,6% de femmes et que quatre Etats membres de l’Union européenne figurent parmi les onze premiers pays d’accueil (Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, source OIM), les sciences humaines tardent à considérer leur situation comme une donnée essentielle de la mondialisation, tant du point de vue économique, que politique et qu’anthropologique. Plusieurs thèmes seront abordés durant la conférence, mettant en jeu différentes disciplines (cf. aussi www.mcrg.ac.in) :
· Formations impériales et migrations
· Etats, Nations, migrations et citoyenneté
· Economie et gestion des flux de population
· Témoignages de migrations forcées
· Le monde de l’humanitaire - quels organismes pour quelle protection ?
· Femmes et migrations forcées
· Le migrant, cet « anormal »
Les propositions de communications (en anglais) sont attendues pour le 15 avril 2009, leurs résumés pour le 15 mai 2009 et les textes complets des communications pour le 10 août 2009. Tous ces documents doivent être envoyés aux personnes suivantes :
Sanam Roohi : sanam.roohi@gmail.com
Geetisha Dasgupta : geetisha@mcrg.ac.in
Ishita Dey : ishita@mcrg.ac.in


Un projet euro-asiatique pour les droits des minorités

Un autre domaine d’intérêt pour les chercheurs des deux continents est celui des droits des minorités dans le cadre d’un projet intitulé « EURASIA Net Project On Regional Instruments for Protection of Minority Rights ». Il s’agit de se doter d’analyses à la double échelle de l’Asie du Sud et de l’Union européenne. Les droits de l’homme et en particulier les droits des minorités ont en effet une claire dimension supra-nationale dans les deux régions. L’Europe s’est dotée d’instruments dans le cadre de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne. L’Asie du Sud se caractérise par une longue tradition d’étude et une robuste expérience en matière de gestion des différences ethniques, culturelles, religieuses et linguistiques, et ce dans un cadre national (en Inde en particulier). Mais les initiatives supra-nationales en sont encore à leurs débuts. Des recherches menées par des spécialistes d’Asie du Sud ont constitué les premières bases des initiatives lancées par la SAARC (Association de coopération régionale d’Asie du Sud, www.saarc-sec.org), ainsi que des actions de prévention menées par des ONG et des militants actifs dans le domaine des droits de l’homme. En outre, le fait d’inclure les droits de l’homme et singulièrement ceux des minorités dans le programme de travail de l’Asie du Sud, peut tout particulièrement intéresser les chercheurs européens. Leur implication dans ce processus peut avoir des effets positifs sur leurs propres recherches à l’échelle de l’Union européenne et de ses Etats membres. Parallèlement, leurs travaux peuvent contribuer à une effective coopération entre l’Asie du Sud et l’Europe. L’objectif principal « d’EURASIA-Net » est donc de réunir et de synthétiser les dispositifs utiles en matière de soutien aux minorités et de réduction des tensions religieuses en Asie du Sud. Sont impliquées dans ce consortium euro-asiatique : l’Académie européenne pour la Recherche appliquée et le Perfectionnement professionnel (EURAC, Bolzano, Italie), l’Université de Brunel (BrUni, Londres, Royaume-Uni), L’Université Johann Wolfgang Goethe (Francfort/Main, Allemagne), le CRG, Le Forum d’Asie du Sud pour les Droits de l’homme (SAFHR, Népal), La Commission démocratique pour le Développement humain (DCHD, Pakistan), l’Université de Dakha (UniDh, Bengladesh). Le CRG coordonne la plate-forme sud-asiatique régionale pour les politiques en faveur des droits de l’homme et des minorités.

Date de publication : 09/04/2009


Mots-clés : Institut Panos, Institut brookings, Research Centre for Democratic Issues, Calcutta Research Group, south asia, Third Joint Conference of the Pakistan-India, Forum for Peace and Democracy, Mahanirban Calcutta Research Group, human rights, democraty, peace, justice, Winter Course on Forced Migration, Forced Migration, Kolkata workshop, UNHCR, brookings institution, International Conference on Migration, Citizenship, flows of migration, Kolkata, calcutta, groupe de recherche de calcutta, asie du sud, inde, india, salt lake city, bidhannagar, mahanirban calcutta research group, calcutta research group, bengali, hindi, chennai, ramabir samaddar, bengale, mouvement de la paix, forum indo-pakistanais, migrations, migrations forcées, haut comité aux réfugiés, HCCR, CRG, citoyenneté, flux de population, humanitaire, migrants, migrantes, réfugiés, minorités, droits des minorités, eurasia, eurasia net project, minority rights, protection of minority rights, osce, conseil de l'europe, droits de l'homme, saarc, eurasia-net, eurac, safhr, dchd,
Inséré le : 10/04/2009 16:11
Thèmes : Langues, diversité culturelle, démocratie, migrations, multiculturalisme,