Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Fontevraud la virtuelle
Source : Culture Europe International (
http://www.culture-europe-international.org)
01 49 40 72 46 -
contact@culture-europe-international.org
2, rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis cedex 02
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Rubrique : 37 - Patrimoine et multimedia
LA REDACTION DE CULTURE EUROPE auteur
Texte : Les 25 et 26 octobre 2001, le Centre culturel de Rencontre de l’Abbaye royale de Fontevraud a accueilli un colloque international sur le thème « Le Virtuel et la Pierre ». Autour de cinq thématiques : L’image de synthèse au service du patrimoine ; Du « son et lumière » au « parcours multimédia » ; Vers une convergence numérique ? ; Patrimoine en ligne – enjeux et perspectives ; Création multimédia et patrimoine. Elle réunissait des spécialistes – praticiens et chercheurs – de tous les domaines d’application technologique à la restauration, la valorisation et l’inventaire du patrimoine. Sous la plume de Sarah Bel, coordinatrice de ce numéro, nous en livrons ici une synthèse, prélude aux Actes prochainement disponibles. Prolongée par des exemples européens et internationaux, la réflexion engagée à Fontevraud permet de mesurer l’ampleur du travail accompli pour mettre les dernières découvertes technologiques au service du patrimoine, de ses spécialistes et de ses publics, qu’il s’agisse d’une approche documentaire ou de « l’appropriation imaginaire » des lieux de mémoire que sont les monuments, selon l’expression de Maurice Benayoun. Sans en dissimuler pour autant les contradictions et les difficultés. Les 11 et 12 octobre 2002, Fontevraud poursuivra sa prospective sur le thème « Le Virtuel et le Lierre » – Environnement, paysage, jardins et multimédia. Rens.: 02 41 51 73 52 / www.abbaye-fontevraud.com.
I- LE MULTIMEDIA AU SERVICE DU PATRIMOINELE LANGAGE MULTIMEDIA, UN NOUVEL ESPACEPar Jean-Paul Saint-Aubin
Conservateur général du Patrimoine Après trente siècles d’écriture alphabétique, l’écrit s’est imposé plus que tout autre mode de communication. L’image, tout comme l’oral a été dévaluée et même si elle n’a jamais été aussi présente qu’aujourd’hui, elle n’a pas pour autant gagné ses lettres de noblesses face à l’écrit. Depuis la première Bible imprimée, combien de tentatives pour casser la linéarité de l’écrit, le sens unique de la lecture (introduction de notes, multiplication d’index…) et rapprocher ces différents médias. Les astuces éditoriales se sont développées pour faciliter le vis à vis du texte et de l’image sans
qu’aucun processus ne se révèle satisfaisant. Les chercheurs
du domaine patrimonial ne peuvent que se réjouir de l’avènement
du multimédia qui réconcilie enfin de manière pertinente le texte, l’oral et l’image.
L’édition multimédia sur support L’édition multimédia supprime le support traditionnel sans pour autant transformer le contenu du livre, si ce n’est par la possibilité d’élargir la gamme des éléments jusqu’alors disponibles et de les mélanger selon des règles qui échappent au feuilletage. Cette conquête multimédia prolonge la volonté de conserver et de reproduire la pensée humaine présente dès l’invention de l’écriture. La révolution tient à l’accélération du processus de mémorisation inauguré par la photographie et que vient consacrer l’informatique. La question se pose alors de l’usage de ces « gisements culturels » et l’on a cru, un temps, qu’il serait possible de les éditer à bon compte dans le respect des missions patrimoniales et des impératifs scientifiques. Or, les droits sur les images et la valeur des redevances dépassent rarement 25 % du budget d’un produit hors ligne. Il convient donc de s’interroger sur le financement des 75 % restants et sur le poids décisionnel que les institutions peuvent représenter dans ce type d’édition. Le multimédia est actuellement jugé à l’aune du livre ou à celle beaucoup plus inquiétante des jeux électroniques dont la rentabilité contraste avec les faibles succès des titres culturels. Les éditeurs, face à la nécessité d’équilibrer leurs comptes, imposent des pratiques rédactionnelles qui, à force de rechercher un large public appauvrissent le contenu au point de le rendre parfois insipide.
Internet La masse extraordinaire d’informations disponibles pose la question des choix de connections, de la rapidité des mises à jour, du renouvellement de l’information, de l’obsolescence et surtout de la validation scientifique des données.
L’idéal scientifique mais aussi libertaire du début du Web se heurte aujourd’hui aux coûts de réalisation et d’entretien d’un site qui, pour garder son audience, doit se renouveler constamment. Il se heurte également aux impératifs de rentabilité. Un site c’est avant tout une volonté institutionnelle et d’importants moyens mis en ½uvre. Il est le signe des capacités d’innovation de l’institution, mais il génèrera aussi des critiques s’il n’apporte aucune information complémentaire face aux supports traditionnels ou s’il n’évolue pas. Les serveurs des grandes institutions sont des réussites (Orsay, Louvre, RMN…) parce qu’ils offrent une information diversifiée, des actualités, un accès enrichi aux collections par l’usage de bases de données et qu’ils s’ouvrent à d’autres catégories de publics par l’introduction d’outils multimédia et pédagogiques permettant un dialogue virtuel avec les équipes des musées. Un site c’est à la fois un livre, un album, un film, une radio en un peu mieux s’il propose à l’utilisateur une réelle interactivité.
Architecture et images virtuelles Pour le chercheur, décrire un objet, l’analyser, le conserver passe impérativement par des intermédiaires de substitution. Parmi ces procédures, le relevé d’architecture propose une interprétation qui permet la compréhension du bâtiment, assure scientifiquement la sauvegarde de l’essentiel et autorise les travaux de restauration. Pourtant, faute d’outils précis et objectifs, ce type de substitution n’a pu jusqu’à présent jouer pleinement son rôle. L’introduction de la photogrammétrie et du mesurage spatial par laser dans l’univers informatique transforme la problématique du relevé. Ces techniques permettent d’appréhender non plus des points ou des détails mais l’espace lui même par la multiplication des points mesurés. Ce n’est pas dans la forme que le relevé a changé mais dans le mode de production. La véritable révolution est qu’il ne s’adresse plus à l’½il mais directement à la compréhension de l’observateur. D’où ce rêve de la maquette virtuelle, disponible à distance comme un modèle de l’édifice qui réunirait ses subtilités et ses déficiences, un modèle qui intègrerait les réponses à toutes les questions que peuvent se poser l’architecte, l’esthète ou le curieux, un outil qui garderait la mémoire de l’ensemble des interventions et représentations que l’édifice a suscitées. Parce que la maquette de synthèse permet à l’observateur de multiplier les points de vue et d’évoluer à sa guise dans l’édifice, c’est un outil pédagogique d’excellence. C’est aussi un outil de mémoire servant de support organisé pour la documentation. Toutes ces potentialités rendent nécessaires la collaboration pluridisciplinaire des spécialistes du patrimoine, de l’informatique, du spectacle et de la communication afin que l’image de synthèse devienne un réel outil de la pratique patrimoniale.
DES CHEFS-D'OEUVRE DE LA CARTOGRAPHIE SUR CEDEROMS Par Jean-Paul Saint-Aubin La Bibliothèque nationale de France publie sur cédéroms certains documents essentiels qu’elle a pour mission de conserver. Il s’agit de documents uniques que leur fragilité rend difficilement consultables et pour lesquels les substituts habituels se révèlent partiellement inefficaces. Le pari est d’offrir un fac-similé électronique qui apporte le même confort de lecture que l’original et auquel l’ordinateur prêtera la rapidité d’une navigation conviviale. Des outils permettent à l’utilisateur de s’approprier l’½uvre en y ajoutant réflexions et remarques. La démarche de consultation devient cumulative puisqu’elle agrège l’itinéraire personnel de l’utilisateur et ses recherches. Le fac-similé s’adresse d’abord à un public de chercheurs mais en ajout apparaissent des textes de spécialistes qui déchiffrent le document, le commentent et insistent sur ses aspects les plus pertinents, les rendant accessibles à un plus large public. Pour le moment, ont été publiés
L’Atlas catalan,
Les Globes de Coronelli,
Le livre de Chasse de Gaston Phébus,
La Géographie d’Idrîsi et le fonds des 4 000 photographies d’Atget. Réalisés en grande partie par l’équipe de la Mission de l’édition électronique de la Bibliothèque nationale de France, ces cédéroms ont un coût de fabrication particulièrement faible. Ils ont démontré qu’ils pouvaient s’adapter à des documents très différents. Désormais la multiplication des titres, à raison de trois ou quatre par an, devrait
permettre d’aborder d’autres documents cartographiques de première importance.
(Le texte de ce dernier paragraphe a été précédemment reproduit dans le
Bulletin du comité français de cartographie n° 163 mars 2000).
OBSERVATOIRE NUMERIQUE DU PATRIMOINE PAYSAGER (ONPP)
Par Christian Morsomme
Observatoire Numérique du Patrimoine Paysager
Le paysage désigne un territoire perçu comme tel par ses habitants et dont les caractères résultent de l’interaction de facteurs naturels et humains. La notion de monuments et de sites introduit une vision plus large de l’espace et met au centre de la discussion l’homme et le rapport qu’il entretient avec « son patrimoine ». L’intérêt pour la sauvegarde et la restauration des paysages en Europe s’explique par la prise de conscience que l’aménagement du territoire peut provoquer d’irréversibles perturbations si les actions menées n’incluent pas certaines normes de qualité. Cette réflexion a abouti à la Convention Européenne du paysage signée en juillet 2000 par les représentants du Conseil de l’Europe.
L’ONPP organise un réseau d’institutions et de professionnels qui détiennent des informations sur le paysage et développe ainsi un pôle de dimension internationale. Cet organisme favorise l’accès des citoyens à l’ensemble de ces informations par le biais des nouvelles technologies.
La première étape vise à susciter le développement d’observatoires dans le plus grand nombre possible de pays et favoriser leur mise en réseau. À cette fin, l’ONPP réalise un inventaire des institutions, associations ou personnes détenant des fonds iconographiques. Ensuite, il proposera une méthodologie d’archivage commune via la définition d’une base de données de référence. Parallèlement seront proposés des critères de sélection des documents et des standards de formats numériques pour aboutir à un système de classement et de « catalographie » libre de droits. L’ONPP constituera alors une structure de liaison numérique entre les observatoires des pays associés, la responsabilité du contenu et de sa mise à jour revenant toujours au propriétaire des données. Cette structure sera associée à des interfaces de consultation fonctionnant grâce à des catégories mises au point par un comité scientifique. Enfin, l’ONPP développera une veille numérique pour détecter et analyser les changements qualitatifs, souligner les tendances, produire des scénarios prospectifs sur les dynamiques paysagères. Une veille « informationnelle » basée sur des données disponibles via le Web (en provenance des universités, des organisations nationales et internationales) est déjà en place sur le site ELANEWS (European
Lanscape Architecture News). Reste à créer une veille « visuelle » du paysage en temps réel.
Le défi du multimédia
L’information disponible aujourd’hui s’articule à trois niveaux. Les données passives sont des informations archivées (produites par des spécialistes du patrimoine). Les données actives sont des informations qui par leur traitement (forme et contenu)
renvoient à d’autres données ; c’est l’hypertexte au service des spécialistes de la communication numérique. Enfin les données dynamiques sont des informations actives intégrées dans un contexte dans lequel le lecteur devient acteur voire auteur (le « lectauteur » selon la définition du Dr Covarrubias). L’espace numérique prend alors sa dimension de « grand livre ouvert sur la connaissance ».
Le virtuel peut apporter au patrimoine une dimension que les techniques numériques prises séparément ne peuvent offrir, celle de redonner au « lectauteur » le droit de s’approprier, d’interpréter voire de modifier le patrimoine dans un contexte de réalité virtuelle en temps réel. Le vrai défi du multimédia n’est pas seulement technique, historique et scientifique ; il réside dans la création d’un espace de liberté, d’émotion et d’identité, un espace de connaissance dans lequel le « lectauteur » constitue son panier d’informations et développe son parcours virtuel en temps réel. Sans cette relation, le virtuel ne sera qu’une technique de plus au service de quelques spécialistes pour appréhender le patrimoine.
L'IMAGE DE SYNTHESE AU SERVICE DU PATRIMOINE
Par André Canas
Chef de l’Inspection générale, Centre des monuments nationaux
L’image de synthèse apporte de nouveaux outils pour valoriser le patrimoine. La question de son utilisation pour la médiation est d’abord économique. En effet, l’équilibre de gestion toujours fragile, rend difficile l’intégration de ces technologies dans une économie patrimoniale qui reste modeste dans son volume et artisanale dans son organisation. Par ailleurs, au sein de ce secteur, les résistances sont encore fortes. Sur le plan scientifique, la présentation d’images numériques doit être spectaculaire et beaucoup craignent que la lisibilité recherchée altère la qualité des présentations. Sur le plan économique, les images de synthèse sont généralement créées pour des besoins scientifiques ou architecturaux et s’il est judicieux de les réutiliser dans des parcours, on peut s’interroger sur la rentabilité de ces projets, étant donné leur coût d’investissement élevé. Enfin, sur le plan pédagogique, si les images de synthèse sont un élément essentiel des jeux électroniques, leur utilisation à d’autres fins reste très difficile. L’intégration de l’imagerie virtuelle à la présentation d’un monument ne peut se faire à la fin d’un projet. Pour être efficace, celui-ci doit prendre en compte dès sa conception la spécificité et les potentiels de ces images.
Les gestionnaires de sites, faute de moyens, utilisent encore des outils traditionnels de médiation. Si Internet s’est avéré un vecteur efficace pour démultiplier l’information et promouvoir les monuments, l’image de synthèse est encore rarement utilisée sur les sites. Le texte, la photo et la vidéo semblent suffire, sachant que la rentabilité d’un tel investissement est aléatoire (le seul site parisien disposant d’images de synthèse est celui de la Tour Eiffel).
L’image de synthèse n’appartient pas encore au quotidien de la valorisation des monuments. Le débat ne porte plus sur l’intérêt des images numériques mais sur la qualité de leur intégration dans la mise en valeur d’un monument et sur leur impact sur le développement de la fréquentation et de l’économie patrimoniale et touristique locale.
LE MUSEE VIRTUEL DU CANADA(MVC)
Par Danièle Boily,
Gestionnaire des programmes publics et responsable des expositions virtuelles, Réseau Canadien de l’Information sur le Patrimoine
Depuis sa création en 1972, le Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP), du ministère du patrimoine canadien, soutient l’usage des nouvelles technologies de l’information et jette des ponts entre les musées, les spécialistes le grand public. Par le biais d’Internet, le RCIP tente de mieux faire connaître la communauté muséale et la richesse de ses collections.
L’année 1995 a marqué le début d’une longue série d’expositions virtuelles, prélude au lancement, en 2001, du Musée virtuel du Canada (MVC). Le site donne la chance aux visiteurs d’explorer le patrimoine muséal d’une multitude de façons. « Musées à visiter » présente des renseignements sur plus de 2 400 musées et permet aussi de visiter leur site. « Calendrier d’activités » offre un survol des expositions et activités spéciales en cours. La « Galerie d’images » comprend plus de 200 000 images de collections. La « Cyberboutique » ouvre ses portes au visiteur souhaitant se procurer un souvenir et « Mon musée » permet à l’internaute de se procurer un souvenir ou de créer sa propre exposition.
Les expositions virtuelles sont une manière de plus en plus populaire et peu coûteuse pour les musées de mettre en valeur leurs collections. Jusqu’à ce jour, le RCIP aura réalisé plus de 30 expositions en collaboration avec plus de 200 musées du monde entier. Un exemple de ce travail est Panoramas : Paysages d’Amérique du Nord dans l’art (www.museevirtuel.ca/panoramas) né de la collaboration entre les gouvernements canadien, américain et mexicain. Les expositions virtuelles constituent désormais le moyen par excellence de diffuser en ligne les collections et le savoir-faire muséal. Compléments ludiques et éducatifs aux expositions virtuelles, des jeux interactifs, présentés par les musées, soulèvent l’enthousiasme de visiteurs de tout âge. Voyager dans le temps, répondre à des jeux-questionnaires, mettre ses connaissances à l’épreuve, résoudre des énigmes, jouer des instruments de musique virtuels, des heures de plaisir attendent les internautes!
Avec plus de 3 millions de visites en provenance de 140 pays au cours de sa première année d’existence, le MVC est maintenant reconnu comme l’un des principaux portails au monde en matière de patrimoine. Il contribue ainsi à rehausser le profil des musées canadiens et de leurs collections.
www.museevirtuel.ca
II- CONSERVATION, NUMERISATION ET PATRIMOINE
ENJEUX INTERNATIONAUX DE LA NUMERISATION ET DE LA DIFFUSION DU PATRIMOINE CULTUREL
Par Philippe Avenier
Chargé de mission pour la société de l’information, Département des Affaires Internationales du ministère de la Culture et de la Communication (France)
La numérisation des données patrimoniales relevant de l’Etat et des collectivités s’est beaucoup développée car l’image numérisée est devenue l’un des outils de la gestion des fonds, mais aussi parce que l’essor d’Internet s’est accompagné de la diffusion massive de contenus en ligne. Très vite, il est devenu nécessaire de coordonner ces actions pour éviter la dispersion des initiatives et rendre compatibles les différents gisements d’information. Des projets de mise en cohérence, d’interconnexion des données et de portails d’accès aux informations sont alors nés.
Sur le plan international, la situation était similaire. Il fallait mettre en relation les différentes politiques pour constituer une offre culturelle cohérente en ligne. La mise en place de systèmes de numérisation homogènes suppose que tous les secteurs puissent identifier leurs gisements d’information, partager des normes pour assurer l’interopérabilité des systèmes et s’entendre sur la meilleure manière de diffuser les données.
L’action s’est structurée depuis l’adoption du plan eEurope2002 (juin 2000). Un questionnaire sur les politiques nationales de numérisation dont les résultats seront à terme publiés sur le Net a été transmis aux États membres. Par ailleurs, ces pays se sont réunis à Lund en 2001 pour une conférence dont les recommandations s’articulent autour de quatre points : création d’un comité permanent de coordination représentatif permettant d’assurer la diffusion de l’information relative à la numérisation des contenus culturels ; soutien d’une vision européenne des politiques par la création de sites Web fournissant des informations sur les programmes adoptés selon une ligne commune ; soutien des « bonnes pratiques » afin d’améliorer la cohérence des procédures ; amélioration de la visibilité du contenu culturel européen en procédant à des inventaires au niveau national. Plusieurs groupes de travail mettent en ½uvre ces conclusions. La France est chargée d’examiner les problèmes d’interopérabilité des systèmes, de métadonnées et de multilinguisme.
Dans cet esprit, la Mission de la recherche et de la technologie du ministère de la Culture et de la Communication vient de créer un catalogue, accessible en ligne, qui décrit les fonds numérisés (ou en cours) conservés dans les institutions culturelles publiques. Il s’agit d’un travail reposant sur une large concertation, intègrant une approche multilingue et visant à localiser les ressources numérisées disponibles en France. Le projet prend en compte les exigences tant des professionnels que d’un plus large public. Il décloisonne les secteurs traditionnels en favorisant une veille technique permanente et en posant les bases des futurs programmes de recherche.
www.culture.gouv.fr/culture/mrt/numerisation/fr/f_02.htm
VISITE VIRTUELLE ET ANIMATION
Par Christian Bouville
Responsable d’une unité de recherche et de développement, France Télécom
Contrairement aux technologies du Web largement utilisées pour mettre en ligne des monuments et des sites historiques, la 3D est encore peu répandue. Deux type de visualisation existent. La première s’appuie sur des prises de vue photographiques pour reconstruire des vues panoramiques. L’intérêt de cette technique est son très grand réalisme, en revanche l’action de l’utilisateur se limite à contrôler le défilement du panorama et des effets de zoom. La seconde, basée sur une modélisation géométrique, permet des formes d’interaction plus riches. Il est possible de naviguer dans la scène, d’animer le monde virtuel ou de l’humaniser à l’aide de « personnages ». Cette approche est aussi intéressante par la densité de ses données qui permet aux contenus 3D de transiter plus rapidement dans le réseau.
LA DIFFUSION NUMERIQUE DES DONNEES PATRIMONIALES: L'EXEMPLE DE L'INVENTAIRE GENERAL
Par Christophe Dessaux,
Ingénieur de recherche à la Direction de l'Architecture et du Patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication (France)
Le site Internet de l’Inventaire général donne accès depuis 1994 à différentes bases de données patrimoniales. Autour de Mérimée et Palissy qui recensent le patrimoine architectural et mobilier, s’articulent trois autres bases que sont Archidoc (sources bibliographiques liées à l’édifice ou à l’objet), Thesaurus (vocabulaire raisonné de la désignation pour l’architecture et les objets mobiliers) et Mémoire (fonds iconographique). L’utilisateur a aussi la possibilité d’accéder directement par un « clic » aux cartes et à des listes de termes préétablies, et de naviguer d’une base à l’autre. Ces bases seront complétées par l’accès au dossier électronique de chaque ½uvre (actuellement sous support papier), présentant une information exhaustive et hiérarchisée. Ces nouveaux modes de consultation permettent un meilleur référencement du site par les moteurs de recherche et ont permis de multiplier par quatre le nombre des visiteurs de bases. Créée en 2001, la revue In Situ complète le dispositif et valorise les travaux de l’Inventaire. Ses articles renvoient largement aux bases de données.
www.inventaire.culture.gouv.fr/culture/inventai/presenta/bddinv.htm
www.culture.fr/culture/inventai/som-inv.htm
www.culture.fr/documentation/memoire/expos.htm
www.revue.inventaire.culture.gouv.fr
LA NUMERISATION APPLIQUEE AUX FONDS D'ARCHIVES: L'EXEMPLE DU CADASTRE NAPOLEONIEN
Par Elisabeth Verry
Directrice des archives départementales de Maine-et-Loire
Depuis une vingtaine d’années, l’intérêt du public pour les archives a changé. D’une consultation érudite, on est passé à une utilisation massive des fonds et cela du fait de l’accès aux études supérieures et du développement d’une curiosité aigüe pour les choses du passé. Cette évolution des publics s’est accompagnée d’une révolution des archives, celle de la collecte. Jusqu’à la fin des années 1960, un service d’archives se contentait de recevoir et travaillait avant tout dans une démarche rétrospective sans souci de sauvegarde de la production contemporaine. La préoccupation actuelle est différente et elle vise à choisir, dans l’océan des documents administratifs, ce qui retracera l’activité humaine tant dans les sources institutionnelles que privées. Dans cette perspective, l’apparition de nouvelles techniques de préservation et de reproduction intéressa immédiatement les archivistes. Les premiers essais de numérisation montrèrent que cette technique était transposable et que ses finalités restaient semblables aux précédents supports de transfert tout en ayant des potentialités supérieures en termes de restitution d’images et d’organisation intellectuelle. Les premières campagnes de numérisation datent du milieu des années 1990. De 1998 à 2001 des projets ambitieux furent menés pour traiter des fonds comprenant des cartes, des plans, l’état civil et l’iconographie.
La numérisation du cadastre napoléonien en Maine-et-Loire
En Maine-et-Loire, la numérisation du cadastre napoléonien s’est déroulée entre 1996 et 2001 à l’initiative des Archives départementales et a consisté en la collecte, l’inventaire et la numérisation de 5500 plans composant le cadastre né de la loi de 1807. L’idée de départ était de numériser les éléments les plus fragiles de cette collection afin d’en permettre la consultation sur écran et de suspendre la manipulation des originaux. La numérisation répondait à un souci de préservation et de démocratisation de la consultation. Elle comportait une étape préalable : la réalisation d’une base de données, support de toute recherche et cadre de l’indexation. La méthodologie de la recherche est simple. Pour une commune considérée, il suffit de consulter la liste des plans disponibles, en tête de laquelle se trouve le plan d’assemblage, puis de sélectionner le plan parcellaire concerné et de le faire apparaître. Afin de mieux faire connaître cette opération, une exposition illustrant l’histoire du cadastre de la Révolution a été réalisée ainsi que l’édition d’un manuel d’investigation et de séances d’initiation à la recherche. Ce projet a
démontré que les techniques de numérisation permettent de
démultiplier le public d’un fonds d’archives et que la réussite
est liée à la construction d’une base de données structurant
l’accès au fonds.
LES NOUVELLES CATHEDRALES, L'INNOVATION TECHNOLOGIQUE AU SERVICE DE LA CULTURE
Par Emmanuel Hoog
Président de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA)
Depuis plus de soixante ans, les sons et les images sont conservés. Si la culture se définit d’abord comme conscience et mémoire, le fonds audiovisuel national (INA) représente plus qu’un simple témoignage : un patrimoine identitaire et un lieu de mémoire unique. L’ère numérique garantit aux supports culturels leur pérennité et leur transmission « infinie » sans dégradation. La technique a jusqu’à présent multiplié les supports et permis d’assurer une survie et une audience croissantes à l’information, mais la nouvelle révolution représente un saut qualitatif : le temps n’a plus de prise et l’espace ne compte plus. Numériser les archives audiovisuelles a le même sens que restaurer les cathédrales. Ces monuments visuels et sonores concentrent en eux une charge patrimoniale inestimable. À coté de la bataille pour la mémoire, il faut aussi engager celle de la communication et de la transmission. Une mémoire meurt si elle n’est pas transmise, indexée et accessible d’où le combat à
mener dans quatre directions : l’accès, l’éducation, la création
(qui pose la question du statut du créateur) et la mémoire
(le dépôt légal d’Internet, la trace des espaces nomades…) pour
que la numérisation devienne réellement porteuse d’un
patrimoine vivant.
MANUSCRITS MEDIEVAUX EN LIGNE. ENJEUX ET PERSPECTIVES
Par Elisabeth Lalou
Sous-Directrice de l’IRTH, CNRS
L’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT) élabore une bibliothèque virtuelle des manuscrits médiévaux. Le manuscrit est très précieux par son unicité. Mais, il doit être mis en relation avec les autres manuscrits qui conservent d’autres versions du même texte et d’autres illustrations. Or ces manuscrits se trouvent dispersés dans le monde dans les fonds des bibliothèques. Cette dispersion a généré l’usage des photographies pour l’étude de ces manuscrits. En France, pour ce qui relève des bibliothèques municipales et universitaires, cette tâche relève de l’IRHT. Dés 1995, la numérisation d’un fonds important de diapositives à commencé et l’IRHT met actuellement en ligne ce travail. Mais la mise en ligne d’une bibliothèque virtuelle est insuffisante. L’IRHT souhaite utiliser les NTIC pour mieux étudier les manuscrits (faciliter leur lecture, les reconstituer s’ils sont abîmés ou identifier les scribes et copistes grâce aux logiciels de reconnaissance de formes par exemple). L’édition électronique des manuscrits reste à inventer pour que le public ait accès à l’intégralité des ½uvres et pour unifier la connaissance jusqu’alors fragmentée de ces manuscrits.
LE VIRTUEL, LA VOIX, LE GESTE - IRCAM
Par Vincent Puig
Directeur de la valorisation, IRCAM
La spatialisation est le premier élément sonore qui se soit imposé dans le contexte du virtuel. La position du son dans l’espace est ce que l’on cherche d’emblée à associer à l’image. Pourtant les travaux menés sur la spatialisation dans le domaine musical (le spatialisateur de l’IRCAM) ne vise pas tant la conception d’un outil de synchronisation de l’image et du son que le contrôle de paramètres spatiaux très fins qui sont manipulés par le compositeur comme il le fait dans une partition. En 1998, l’IRCAM présentait « le modèle Cistercien »(Ikam/Fléri) qui reconstituait virtuellement une abbaye. Une voix chantant du grégorien était placée au centre du ch½ur et le visiteur se déplaçant dans la nef pouvait en percevoir la localisation. Les mouvements horizontaux pilotaient la notion d’espace (visuel par l’affichage de formes géométriques figurant des murs ; acoustique jouant sur la localisation, l’éloignement et la réverbération de la salle virtuelle associée au chant grégorien). Les mouvements verticaux jouaient sur la notion de texture et de temps : le visiteur pouvait faire varier la lumière du jour, transformer le son…
www.ircam.fr/produits/technologies/multipage.html
SKERTZO REINVENTE LA VISITE
Par Hélène Richard
Scénographe et conceptrice, directrice de Skertzò
Skertzo est un atelier de recherche et de création de spectacles, de parcours et d’exposition pérennes ou éphémères. Chacune de ses créations met en relation l’espace scénique avec l’image et les supports multimédia. Sur la façade de la cathédrale d’Amiens, Hélène Richard et Jean-Michel Quesne se sont livrés à un minutieux travail sur les couleurs des XIIIe et XVe siècles, pour aboutir à une proposition de colorisation des trois portails dont la restauration a révélé de minuscules vestiges de peinture. Chaque soir d’été, ils repeignent ainsi virtuellement chacune des sculptures. Au château de Chambord, les Métamorphoses revisitent la Renaissance dans un mystérieux parcours-spectacle nocturne. Au c½ur de la forêt, sur le marécage, un escalier « magique » mène à la cité céleste. Le visiteur est guidé dans le château par l’image, la lumière et les sons. Dans le cadre de MAGYart (cf . Culture Europe n°35), les monuments emblématiques de Paris se sont transformés au gré d’un Budapest imagé et imaginaire. À la tombée de la nuit, Skertzò proposait une flânerie dans d’éphémères quartiers budapestois, comme autant de trompe-l’½il virtuels. à la grande galerie de l’Évolution, au Museum d’histoire naturelle, la procession inerte des animaux s’anime miraculeusement dans la mise en scène de Philippe Genty, mise en images par Skertzò.
Cet article a été publié dans le dossier n°37. Pour acquérir cette parution, reportez-vous à la rubrique « commandes »
Date de publication : 01/11/2002
Mots-clés : multimédia, nouvelles technologies, patrimoine, science, Abbaye de Fontevraud, livre, internet, information, virtuel, cédérom, mémoire, original, monument, paysage, inventaire, numérique, archive, lectauteur, image de synthèse, technologie, musées, numérisation, 3D, préservation, museum, multimedia, virtual, numerisation, new technologies, book, cederom, memory, landscape, preservation, patrimony, inventory, numerical, image of synthesis, technology, museo, virtual, digitalizacion, nuevas tecnologias, patrimonio, ciencia, libro, informacion, memoria, monumento, paisaje, inventario, numérico, archivo, imagen de sintesis, tecnologia, preservacion
Inséré le : 15/01/2003 00:00
Thèmes : Europe, TIC, multimédia, patrimoine, science,