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La British Library à l'ère numérique
Chapeau : La British Library (BL) souhaite que ses collections soient accessibles à tous de manière virtuelle et que les utilisateurs puissent se connecter de chez eux ou de leur travail. Cela suppose une révolution dans la manière de conserver et de concevoir les services offerts par une bibliothèque nationale.
Source : Culture Europe International (
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Genre : analyse (Mots-clés : )
Rubrique : 37 - Patrimoine et multimedia
Helen SHENTON rédacteur
Texte : Par Helen Shenton
Directrice du département de la conservation à la British Library
(Extraits reproduits avec l’aimable autorisation de l’ARSAG) La British Library, qui assure la gestion du dépôt légal, reçoit chaque année un nombre d’ouvrages très important et qui ne s’est pas réduit, malgré l’entrée dans l’ère des NTIC. Depuis janvier 2001, le Royaume-Uni a instauré un dépôt légal volontaire pour les publications électroniques et 3000 titres ont été déposés à la BL.
La croissance des publications traditionnelles conjuguée à ce nouveau dépôt légal se heurte à la stagnation des crédits. Les ressources de la BL affectées à la gestion de la conservation sont en 2002 les mêmes qu’en 1986, d’où la nécessité de trouver des financements complémentaires pour les nouvelles missions. De plus à la différence de la BNF, les subventions que la BL reçoit du gouvernement n’incluent pas spécifiquement la mission de numériser les collections.
Le programme de numérisation Le projet le plus important est l’Electronic Beowulf. Engagé en 1993, il vise à numériser le plus ancien récit épique de la littérature anglo–saxonne à partir d’un manuscrit datant du XIe siècle et en partie détruit en 1731. Les techniques de numérisation ont permis de faire réapparaître certaines lettres obscurcies à la suite d’une restauration de 1845. Les lecteurs ont ainsi pu consulter de manière approfondie une version électronique proche de l’originale.
Deux nouveaux projets de numérisation sont en chantier. Le premier, « In place » est financé par le gouvernement afin de conserver sur support numérique 100 000 documents des collections (photographies, cartes, manuscrits enluminés, journaux, illustrations, enregistrements sur l’ethnologie asiatique et africaine, sur le patrimoine animalier et les dialectes régionaux). Ce projet est réalisé en partenariat avec les Universités de Plymouth et de Strathclyde. Le second, IDP (International Dunhuang Project) a pour objet de préserver les manuscrits de Dunhuang et des sites d’Asie centrale à travers une coopération internationale. Ce projet est financé par la fondation A.W. Mellon. Les archives comprendront des images en deux et trois dimensions des grottes bouddhistes ; les quelque 4 000 manuscrits et les 35 000 images seront numérisés.
Conservation et numérisation La BL ne considère pas la numérisation comme un outil de conservation (comme les microfilms), mais comme un moyen de rendre accessibles des documents qui ensuite bénéficieront d’un usage moindre et seront ainsi préservés. Elle offre la possibilité de réaliser facilement des copies, mais le microfilm reste privilégié pour se substituer sur le long terme à l’original. La numérisation pourra aussi devenir un moyen de conservation quand on disposera de la garantie de pouvoir stocker les supports numériques. La pérennité des informations numériques est aussi menacée par l’obsolescence des technologies utilisées.
La British Library travaille aussi sur la nécessité de collecter et d’archiver la « e-correspondance » (littéraire) et les manuscrits . Elle souhaite pouvoir conserver une centaine de sites Web consacrés au Royaume-Uni à l’exclusion des sites commerciaux. Un consensus se constitue sur l’idée qu’il devient impératif de conserver des archives des sites Web afin de sauvegarder des traces de ces manifestations éphémères de la mémoire collective. La Bibliothèque royale de Suède, qui fut l’une des premières à mettre en place des outils pour conserver de manière systématique les archives Web, travaille aujourd’hui sur la conservation sélective des journaux électroniques.
Cette nouvelle approche de la gestion des collections suppose une mutation importante des métiers. Ainsi, en 2001 a été créé le premier poste de coordonnateur de la conservation numérique.
Cet article a été publié dans le dossier n°37. Pour acquérir cette parution, reportez-vous à la rubrique « commandes »
Date de publication : 01/10/2002
Mots-clés : British Library, virtuel, numérisation, nouvelles technologies, bibliothèque, Royaume-Uni, internet, conservation, virtual, digitalizacion, nuevas tecnologias, biblioteca, Reino-Unido, conservacion, numericalization, new technologies, library, United-Kingdom
Inséré le : 17/01/2003 00:00
Thèmes : Europe, TIC, archives, intégration européenne, multimédia, politiques culturelles, édition,